Mois de novembre - Focus innovation

Inventer, se renouveler, progresser

Mois de novembre - Focus innovation

Quelle soit technique, intellectuelle ou encore structurelle, l’innovation revêt différentes formes à l’Université de Haute-Alsace. C’est ce qui lui permet de se renouveler, de progresser et c’est aussi une contribution aux problématiques sociétales.

L’innovation est l’un des trois piliers de l’Université de Haute-Alsace depuis longtemps. C’est par exemple à Mulhouse que le premier Centre de Formation des Apprentis Universitaire (CFAU) de France a été créé en 1990.

Cette démarche lui permet de se renouveler, de s’adapter à un changement de paradigme, de se perfectionner. La finalité recherchée dans cette approche novatrice vise la réussite des étudiants et des personnels.

L’innovation est au cœur de toutes les activités de l’Université : en formation, en recherche, au niveau de la gouvernance,… Véritable creuset d’innovations pédagogiques, l’Université pilote ou est partenaire de divers projets comme ÉLAN – Éveil à la Liberté et à l’Autonomie dans un monde Numérique, le projet HILL – Hybrid-Innovative-Learning-LAB, Disrupt 4.0 & UHA 4.0 labellisée Grande École du Numérique,…

L’Université a reçu le prix PEPS (Passion Enseignement et Pédagogie dans le Supérieur) en juillet 2019 et a été lauréate de deux appels à manifestation d’intérêt en matière de transformation pédagogique et numérique lancés par le Ministère (Trace 4.0 et STAPS). L’objectif est de soutenir les équipes pédagogiques qui,  pour accroître la réussite étudiante, s’engagent activement dans la transformation de leurs pratiques pédagogiques en mobilisant les principes de flexibilisation.

L’Université de Haute-Alsace innove pour améliorer son offre, anticiper les changements de demain, et contribuer au développement du territoire. C’est ainsi qu’elle participe au Salon Be 4.0 depuis sa création en exposant son savoir-faire en matière d’innovation.

L’innovation stimule naturellement la recherche qui explore de nouveaux champs. L’Université de Haute-Alsace se distingue ainsi dans le panorama régional au travers de niches de recherche. Par ailleurs, la politique de recherche partenariale de l’Université de Haute-Alsace s’inscrit dans le cadre de la stratégie « Industrie du futur » en synergie entre les entreprises, les start-ups, les centres de formation et de recherche publics et privés et les collectivités territoriales.

Exemples d'innovations

​Éveil à la Liberté et à l’Autonomie dans un monde Numérique

Projet de transformation globale, ÉLAN vise, à terme, tous les cursus de l’Université de Haute-Alsace et les étudiants, lycéens et stagiaires de la formation continue. Son ambition est d’accueillir et de faire réussir toutes ces personnes grâce à un parcours de formation cohérent avec leurs aspirations et leurs projets.

Pour cela, ÉLAN s’appuie sur trois piliers :

  • la flexibilisation des parcours de formation,
  • une ouverture aux compétences interculturelles grâce au contexte transfrontalier de l’UHA,
  • un accès aux compétences, savoirs et savoir-faire pour agir dans un monde numérique

En savoir plus sur ÉLAN

Learning Center

Le projet de Learning Center UHA démontre le caractère innovant de l’Université en matière de pédagogie. En effet, l’ouverture du nouveau bâtiment en 2020 est motivée par les transformations profondes que connaît aujourd’hui l’enseignement supérieur : massification, changement de motivations et d’attentes de la part d’un public de plus en plus hétérogène, développement des ressources numériques ouvertes à tous les publics…

Les réponses aux besoins des usagers sont au coeur de la démarche. Ainsi, le Learning Center UHA propose une offre de services augmentée grâce à un dispositif intégré regroupant des acteurs de différents domaines : documentation, numérique, langue, insertion professionnelle, pédagogie universitaire.

Le Learning Center promeut et soutient l’apprentissage collaboratif et l’innovation pédagogique en prenant appui sur la documentation papier ou numérique, les nouvelles technologies et les ressources en langue étrangère. Il favorisera l’acquisition des compétences transversales indispensables dans une démarche de professionnalisation et nécessaires à l’acquisition de l’autonomie en milieu de travail et il permettra de renforcer l’interdisciplinarité.

En savoir plus sur le Learning Center

L’intelligence artificielle au soutien de la gestion proactive des dépenses énergétiques par les consommateurs finaux

Le 1er septembre 2019 a marqué le lancement officiel du projet Interreg V-A Rhin Supérieur SMI (Smart Meter Inclusif), porté par l’Université de Haute-Alsace et qui se terminera au mois d’août 2022.

Accompagner le consommateur dans sa transition énergétique, tel est l’objectif du projet SMI. En effet, l’agrégation des études issues de la Région Métropolitaine Trinationale (RMT) aboutira au développement d’un prototype de laboratoire visant à optimiser la gestion individualisée de l’énergie par l’utilisateur.

Le projet SMI propose un nouvel outil intelligent qui soit à la fois plus efficace, sûr et mieux accepté par les consommateurs et qui permettra de collecter et prédire les consommations individuelles d’appareils électriques chez les utilisateurs.

La collaboration entre les partenaires à l’échelle transfrontalière permettra de proposer des recommandations pour un marché commun tenant compte des avantages et contraintes des trois pays et ainsi favoriser le développement des entreprises à l’international.

Ce projet européen, d’un total de près de 2 millions d’euros, rassemble 15 partenaires académiques et industriels. Il est porté par l’Institut de Recherche en Informatique, Mathématiques, Automatique et Signal (IRIMAS) et le Centre de Recherche en Gestion des Organisations (CREGO) de l’Université de Haute-Alsace. Le projet est soutenu par le Fonds Européen de Développement Régional (FEDER) et les Cantons suisses impliqués dans le programme.

Route 4.0 & la Robocup France

La formation UHA 4.0, labellisée Grande École du Numérique, a remporté l’AMI 2018 “Transformation pédagogique et numérique” avec son projet Route 4.0.

Ce projet consiste à améliorer l’orientation des lycéennes et des lycéens vers les filières numériques à l’Université. Cela se traduit par des immersions actives à l’UHA 4.0 et des travaux avec les étudiants sur l’apprentissage de la programmation informatique (codage).

En savoir plus sur le projet Route 4.0

Toujours dans le cadre de cet AMI “Transformation pédagogique et numérique”, des étudiants de l’UHA ont travaillé avec une dizaine de lycéens haut-rhinois pour leur permettre de découvrir la formation et en particulier la programmation de robots LEGO Mindstorms.

Ce travail leur a permis de remporter la 5ème place de la finale du concours Robocup France 2019.

En savoir plus – Robocup France

Incontournables en matière d'innovation

Le projet Éole – Un eng@gement pour ouvrir l’éducation

Ce projet a pour objectif de fédérer les universités du Grand-Est et leurs partenaires pour :

  • créer, grâce au numérique, les conditions d’une formation tout au long de la vie réussie,
  • permettre à tout public apprenant d’accéder par l’université à la formation.

En savoir plus sur le projet Éole

Réseau Alsace Tech

AlsaceTech - LogoLes deux écoles d’ingénieurs de l’Université de Haute-Alsace, l’ENSCMu et l’ENSISA, font partie du réseau Alsace Tech regroupant 14 grandes écoles d’ingénieurs, architecture art, design et management d’Alsace. Elles organisent le concours AlsaceTech, innovant ensemble ! à destination de leurs étudiants.

Le principe est de développer un produit ou un service innovant en équipe de 3 à 5 étudiants de plusieurs établissements. Des dispositifs intelligents de guidage à vélo, des capteurs connectés pour le potager, des consoles portatives de programmation de jeux vidéos, des objets connectés capables de détecter les crises d’épilepsie, des solutions de revalorisation des déchets, etc. : chaque année, de nombreuses idées germent, voire se concrétisent lors du concours.

En savoir plus sur www.alsacetech.org

Grand E-nov, l’agence d’innovation

Agence unique d’innovation à l’échelle du Grand Est, Grand E-nov répond aux besoins des entreprises en matière d’innovation sous toutes ses formes, en cohérence avec le Schéma Régional de Développement Économique, d’Innovation et d’Internationalisation (SRDEII) et cela aux côtés de structures existantes en matière de recherche, de développement et d’innovation.

Elle propose une offre qui s’articule autour de l’accompagnement : analyse, conseil, gestion de projets, mise en relation, faciliter les démarches… Ainsi, Grand E-nov associe et met en valeur l’écosystème d’innovation du Grand Est : universités, centres de recherches, pôles de compétitivité, Centres de Ressources Technologiques, incubateurs, Institut Carnot et contribue à former les talents de demain.

En savoir plus sur www.grandenov.fr

Pôles de compétitivité

L’UHA est membre des 4 pôles de compétitivité alsaciens, franc-comtois et lorrains (Pôle Véhicule du futur, Fibres-énergivie, Hydréos, Alsace Biovalley) avec qui elle entretient des liens très étroits notamment en matière de relation entre les entreprises et les laboratoires de recherche. Plus en phase avec les thématiques de recherche de l’Université, les 2 premiers pôles sont des partenaires privilégiés.

Plusieurs projets des laboratoires de l’Université sont labellisés par les pôles chaque année.

L’une des forces de la recherche à l’UHA réside dans l’attractivité des laboratoires. En atteste les 190 entreprises, de toutes tailles, nationales et internationales avec lesquelles les laboratoires ont collaboré ces 10 dernières années. Chaque année, une soixantaine d’entreprises sont impliquées dans des projets de l’Université.

Semia

SEMIA - Générateur de startups - LogoIncubateur d’entreprises innovantes de la Région Alsace, cette association labellisée par le Ministère a pour mission de créer des liens entre la recherche et l’entreprise et de développer l’entrepreneuriat innovant, source de création d’activité économique et d’emplois durables sur le territoire.

Depuis 2010, SEMIA dispose d’un bureau permanent à La Maison de l’Innovation et de l’Entreprise (LAMIE – Maison de l’Étudiant, Campus Illberg, Mulhouse) près de la Direction de la recherche et de la SATT. Cette proximité a pour objectif de favoriser l’émergence de startups issues de l’Université et de stimuler l’esprit entrepreneurial au sein de la recherche académique.

En savoir plus sur www.startup-semia.com

Calendrier des temps forts

Salon Be 4.0 - Industrie du Futur

les 19 et 20 novembre 2019 au Parc des Expositions de Mulhouse
L'UHA présente aux entreprises ses activités innovantes en matière de recherche et de formation.

Nuit de l'Info

les 5 et 6 décembre 2019

Remise des prix AlsaceTech

le 26 mars 2020
Des projets innovants encourageant la créativité, le croisement de compétences et l'esprit d'entreprendre des étudiants des écoles d'ingénieurs.

Challenge Industrie Mulhouse - Hacathlon

40 heures pour faire émerger de nouveaux projets ou solutions en s'appuyant sur la collaboration d'équipes composées de talents, de compétences, de parcours divers qui s'affrontent pour relever des défis d'innovation liés à un thème ou un secteur d'activité, démultiplier les idées.

Portraits

Pr. Vincent Roucoules, directeur de l’IS2M

Plusieurs projets de laboratoires internationaux sont actuellement en cours de montage à l’IS2M. Quels en sont les objectifs ?
L’avenir de la recherche est résolument tourné vers l’international et la situation géographique de Mulhouse y est très favorable. Entouré de plusieurs universités européennes d’excellence, le « terrain de jeu » de l’IS2M est donc propice au développement de collaborations transfrontalières dans le domaine des matériaux (3 projets financés par l’Europe sont actuellement en cours). L’IS2M a également une reconnaissance au-delà de l’espace d’Eucor – Le Campus européen avec notamment des projets internationaux de recherche (IRP – CNRS) avec l’Inde sur l’étude des systèmes polymères supramoléculaires et covalents. D’autres sont à l’état de projet, comme avec le Brésil dans le domaine des bio-interfaces, des bio-minéraux et des bio-matériaux, ou Taïwan sur la photo-structuration de matériaux. Tout ceci influe sur le nombre de sollicitations des étudiants étrangers intéressés par les sujets développés au sein du laboratoire. Aujourd’hui, plus de 40% de nos étudiants sont d’origine étrangère, 26 thèses internationales et 32 projets bilatéraux ont été formalisés depuis les 5 dernières années.

Cette année, vous avez eu un succès notable avec les projets ANR. Comment expliquez-vous cette si belle réussite ?
Actuellement, l’IS2M connait une très belle dynamique. De nombreux chercheurs sont pionniers dans leur domaine et de nombreuses thématiques de recherche arrivent aujourd’hui à maturité. Au-delà du taux de succès (qui est exceptionnel), c’est le nombre de projets qui ont été déposés qui est le plus remarquable (41 projets déposés au premier tour en 2018 !) et qui reflète parfaitement cette dynamique. À l’issue du 1er tour, 19 de ces propositions ont été retenues et finalement 10 projets ont été sélectionnés et lauréats, soit une réussite de 25%, un taux plus haut que la moyenne nationale. Cette année, cette dynamique se confirme avec toujours une quarantaine de pré-propositions déposées. Nous attendons maintenant les résultats du premier tour.

Quels sont les projets en cours ou futurs au sein de l’IS2M ?
L’IS2M réunit dans un même lieu une recherche fondamentale et appliquée de haut niveau. L’Institut est membre de la Fédération de Recherche des Matériaux du Grand-Est et de l’Institut Carnot MICA qui met en synergie 17 laboratoires de recherche, centres de ressources technologiques pour accompagner les industriels. Au sein de ces deux structures, notre institut est force de proposition dans des domaines divers et variés (aéronautique et aérospatial, automobile, bâtiment, chimie, microélectronique, etc.) ce qui conduit au développement d’un grand nombre de partenariats académiques et industriels. Sur ce dernier volet, deux projets ambitieux nous attendent :

  • La création d’un laboratoire commun avec le groupe APTARGroup. Structure sans mur, ce LabCom permettra de mutualiser les moyens humains et techniques autour d’un projet scientifique commun.
  • La création d’une unité mixte technologique avec le centre de Recherche Technologique RITTMO. Cette collaboration repose sur les mêmes envies et les mêmes contraintes que la mise en place du laboratoire commun.

Pouvez-vous nous donner un exemple concret de collaboration avec un partenaire externe ?
Un des très beaux exemples qui me vient à l’esprit est la collaboration que Karine Mougin, chercheuse à l’IS2M et maître de conférences à la FST, coordonne avec la société BIC. Karine développe les encres de demain. Ce sont, par exemple, des encres qui sont capables de changer de couleur à façon. 60% du portefeuille des brevets 2019 de la société BIC a été rédigé en collaboration avec l’IS2M.

Alain Bolli, responsable du pôle APPUI du Learning Center

Accompagnement Personnalisé à la Pédagogie Universitaire et à l’Initiative

On parle beaucoup d’innovations pédagogiques mais qu’est-ce que cela représente à l’Université ? À quoi cela sert-il exactement ?
Plutôt que de parler d’innovation, j’utilise plutôt le terme “initiative”. L’innovation fait souvent peur car elle a des connotations de transformations conséquentes de ses pratiques. L’important en pédagogie ce n’est donc pas d’innover, mais d’oser. Oser avoir des initiatives, oser changer un peu ses pratiques, peut-être sur un seul cours dans un premier temps. Puis, petit à petit, on y prend goût et on généralise la pratique pédagogique… et cela devient alors une innovation, car une innovation n’a d’intérêt que si elle se généralise.
Pourquoi innover ? Dans un monde qui change aussi vite, en particulier de par les transformations liées au numérique, les étudiants n’apprennent plus de la même manière. On ne peut donc plus enseigner de la même manière. Mais, au-delà de la réussite étudiante, il y a aussi un intérêt personnel. Se renouveler permet de retrouver un plaisir d’enseigner qui a tendance à s’étioler avec le temps.

Au sein de votre pôle, que proposez-vous en terme d’innovation pédagogique ?
Au Pôle APPUI du Learning Center, nous avons fait le choix de créer des dispositifs de formation qui sortent des cadres habituellement connus (à savoir date fixe, nombre minimum d’inscrits requis…). Notre crédo est de proposer des formations “où vous voulez, quand vous voulez, sur le thème de votre choix“. Nos formations ont toujours lieu, même pour une personne. Nous diversifions les approches : formations, retours d’expérience conviviaux sous forme de café gourmand, colloques, accompagnement personnalisé… Je n’ose pas parler vraiment d’innovation, mais ce sont des initiatives variées qui chacune touchera des personnes différentes pour arriver à généraliser au final une transformation pédagogique plus conséquente. La méthode des petits pas…
Dans le cadre du projet ÉLAN, nous accompagnons les équipes pédagogiques sur les concepts clés du projet : personnalisation des formations, hybridation des cours, approche par compétences… toujours en respectant le rythme d’initiatives de chacun.

Quels projets développez-vous en ce moment ?
Parmi nos actions, certaines sont plus innovantes que d’autres. Nous avons par exemple fait un travail sur les mécaniques de jeu utilisées par les éditeurs de jeux vidéos pour capter l’attention des joueurs. Ces mêmes mécaniques sont transposables à la pédagogie et nous les mettons en œuvre dans certains de nos cours en ligne. Nous avons eu l’occasion de présenter ce travail dans un colloque.
Parmi nos formations, nous abordons l’interactivité en amphithéâtre. Dans la plupart des cours, l’interactivité entre étudiants ou entre étudiants et enseignant a lieu plutôt en petits groupes lors des TD. Nous expliquons comment mettre en place cette interactivité aussi en amphithéâtre avec des très grands groupes. On peut, par exemple, utiliser les outils numériques pour simuler des boitiers de vote. Ou encore créer des groupes en demandant simplement aux étudiants de se retourner vers leurs camarades du rang derrière eux.
Notre formation des maîtres de conférences stagiaires est modularisée : les stagiaires ont la possibilité de construire leur dispositif de formation avec plus de la moitié des heures qui sont personnalisables.
Nous accompagnons un enseignant de la FST à l’hybridation de son cours. Il souhaite supprimer le face-à-face en présentiel pour l’intégralité de son cours (soit 10h de cours en amphithéâtre). Nous construisons avec lui les vidéos qui remplaceront ces cours et nous l’accompagneront pour leur mise en ligne sur la plateforme Moodle. Nous réfléchissons aussi ensemble au découpage du cours en ligne, aux activités qui peuvent être créées, au scénario du cours. Au final, le bénéfice pour l’enseignant est d’avoir plus de temps avec les étudiants pour les activités et les projets. Il est plus disponible au moment où les étudiants en ont le plus besoin.

Pierre-Alain Muller, vice-président innovation

Quelles sont les spécificités de l’innovation au sein de l’UHA ?
Je dirais plutôt que dans les universités, on entend souvent l’innovation comme un transfert de la recherche vers le monde économique (c’est la mission de la SATT). On connait aussi l’innovation pédagogique, c’est-à-dire le déploiement de nouvelles techniques/démarches pédagogiques.
Mais on oublie souvent un troisième volet, qui est l’innovation dans nos pratiques, notamment dans notre gestion d’établissement. L’UHA a créé une mission “innovation” qu’elle m’a confiée avec pour demande de questionner nos habitudes, y compris dans les formes d’innovations décrites plus haut.
Dans les faits, j’ai orienté ma mission sur les deux derniers items, la pédagogie et l’administration, c’est ce qui a donné naissance notamment à UHA 4.0, qui est une expérience qui mélange pédagogie innovante, agencements nouveaux de mécanismes de diplômation et modes de financement innovants.

Qu’est-ce qu’un projet innovant selon vous ?
Une innovation vient répondre à un besoin existant (non satisfait ou mal satisfait) par une solution nouvelle dont l’apport est évident en terme de satisfaction du besoin. Cette innovation peut être dans les produits comme dans les démarches.
L’intensité de l’innovation est variable selon qu’elle complémente un existant (on parle d’innovation incrémentale) ou qu’elle créé un champ nouveau (on parle d’innovation de rupture).
UHA 4.0 est un bon exemple. On démarre par une innovation de rupture (une formation totalement autofinancée, qui casse les codes classiques comme les cours/TD/TP, les emplois du temps, les examens…) et qui remplace tout cela par un travail en mode projet intégral avec évaluation par les compétences, formation en ligne, modularisation et asynchronisme, inclusion de publics à besoins spécifiques, le tout en lien avec le milieu socio-économique.
S’ajoutent ensuite des innovations incrémentales (qui reposent en partie sur UHA 4.0) comme les PIA DISRUPT 4.0 et ÉLAN, ainsi que les AMI Route 4.0 et Trace 4.0.

Y a-t-il un modèle d’université innovante en tête en France ou à l’étranger ?
On parle beaucoup de l’Université Laval au Québec… Pour moi, en France, l’UHA est devenue un modèle dans le champ de la pédagogie innovante, et notamment par notre capacité à remporter des appels à projets sur ce champ (HILL, Flexi_staps, EOLE, etc.).

Quels projets innovants sont au programme pour l’année 2020 ? Quelle est votre stratégie, votre feuille de route en tant que vice-président chargé de l’innovation ?
En ce qui me concerne, la stratégie est de continuer à gagner des appels d’offres (de types PIA, AMI, ANR…) en adossant nos réponses sur nos succès passés. C’est une forme d’ingénierie de montage de projets qui est essentielle pour acquérir des marges de manœuvres pour les projets d’innovation.
Il faut construire ces projets d’innovations, en montrant comment nous savons mobiliser nos forces existantes pour les combiner de manière alternatives (d’où l’innovation) le tout dans le respect des réglementations.

Solène Meignen, ingénieure pédagogique au sein d’ÉLAN

Quels sont les projets innovants sur lesquels vous travaillez en ce moment ?

Dans le cadre d’ÉLAN, j’accompagne plusieurs équipes enseignantes dans la mise en place de leurs projets :

  • Mise en place de la Licence STAPS en mode hybride (l’UHA a été lauréate de l’AMI Transformation Pédagogique et Numérique avec le projet FlexiSTAPS). Ce projet est réalisé avec plusieurs universités. Nous profitons de l’expertise des universités Grenoble-Alpes et Jean Monnet de Saint Étienne qui ont développé un parcours flexible intitulé “LICenSE” pour leurs étudiants empêchés (sportifs de haut niveau). Ce dispositif, STAPS en mode hybride (une partie en présentiel, une partie à distance) permet à l’apprenant d’opérer des choix et d’être au cœur du dispositif pédagogique en fonction de ses besoins et de son rythme d’apprentissage.
  • Tests de positionnement et de remédiation en sciences et en informatique (en partenariat avec l’UNT Unisciel).
    • Pour la partie sciences (mathématiques, physique, chimie), il s’agit de vérifier les acquis du lycée pour repérer leurs lacunes dès l’arrivée à l’université et proposer des dispositifs adaptés aux étudiants pour favoriser leur réussite en Licence. Par exemple, 53 étudiants de L1 à la FST ont passés ces tests. Ainsi leurs résultats combinés aux notes du BAC et à un entretien ont défini leur parcours en L1 classique, L1 avec tutorat obligatoire ou L1 en 2 ans. Les étudiants disposent également de tests d’auto-évaluation et de ressources de remédiation associées accessibles tout au long de l’année en ligne sur Moodle.
    • Pour la partie informatique, il s’agit de proposer aux étudiants un parcours d’auto-évaluation et de remédiation en ligne sur le langage algorithmique et ses applications concrètes dans les langages de programmation C++, Java et Python.

Les plus dans ces deux dispositifs : une remédiation différente proposée suivant les questions mais également suivant la ou les réponses choisies et une évolution du niveau des questions suivant la progression dans l’année. De plus, le fait d’être en partenariat avec Unisciel, nous permet d’utiliser les nombreuses questions et ressources existantes et de mutualiser nos nouvelles questions ou ressources créées avec la communauté.

Avez qui et comment travaillez-vous ?

Concernant le développement de la Licence STAPS en mode hybride, je collabore avec l’équipe pédagogique STAPS de l’UHA et l’équipe de l’Université de Grenoble Alpes pour transférer et adapter les cours en ligne déjà produits niveau L1. Je forme et accompagne l’équipe enseignante de l’UHA dans l’utilisation de ces cours en ligne sur notre plateforme Moodle (enrichissement des cours, suivi des étudiants, communication et création des activités d’évaluation). Nous allons bientôt attaquer le gros du travail avec la création des nouveaux parcours puisque l’UHA développera dès 2020 les cours en ligne pour la mention APAS (activités physiques adaptées et santé).

J’ai accompagné 14 enseignants de la FST et de l’IUT pour les tests en sciences et en algorithmique-programmation. Je travaille en mode projet avec eux. Nous nous réunissons tous les mois avec des objectifs à atteindre dans la création et relecture des questions. Je les ai formés pour la prise en main de l’outil Moodle pour les sciences et l’outil Scenarichain pour l’algorithmique. Je leur ai apporté des recommandations pédagogiques pour la rédaction des questions, l’enrichissement des retours fait à l’étudiant par question et par réponse, permettant la construction de parcours de remédiation. Je les ai également guidés avec les recommandations techniques (métadonnées des questions) par rapport aux attentes de notre partenaire Unisciel. J’étais également disponible à distance pour leurs interrogations durant tout le projet.

Les enseignants du projet sciences ont produit 375 questions en mathématiques et physique. 184 questions de niveau L0 (= niveau lycée) et 70 questions de la banque Unisciel ont été utilisées pour les tests de rentrée de la FST.

L’objectif pour les 5 enseignants du projet algorithmique est de produire 375 questions dont 60% seront déclinées en 3 langages de programmation C++, Java et Python. L’objectif de produire plus de 800 questions devrait être atteint début 2020.

Quels bénéfices attendez-vous de ces projets ? Comment cela se passe-t-il du côté enseignant et du côté étudiant ?

Côté étudiants, cela leur apporte une aide à la réussite, car si on fait tout ça c’est bien pour les aider à mieux réussir en apportant des parcours plus flexibles (choix possibles) et adaptés à leur situation.

Côté enseignants : leur proposer des ressources et des activités transférables dans leur formation. Offrir une collaboration et développer du lien entre enseignants de différentes facultés, écoles ou instituts et de différentes universités (mutualiser les forces, mutualiser les ressources).

Nous débutons tout juste. Nous aurons les premiers éléments de réponse et les ajustements à opérer lors des prochaines semaines.

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