Prix de thèse UHA 2019

Comme chaque année, à l’occasion de la rentrée doctorale, l’Université de Haute-Alsace remet un prix de thèse afin de valoriser un travail de très haute qualité. En 2019, le prix est attribué à Chloé Faucompré (ILLE – EA 4363) pour sa thèse intitulée “Enseigner la langue du voisin dans une région transfrontalière franco-allemande : quelle approche didactique s’y prête ? Étude exploratoire dans quatre établissements d’enseignement secondaire du Rhin supérieur“. Elle a soutenu sa thèse le 13 novembre 2018.

Prix de thèse 2019

Questions à Chloé Faucompré, prix de thèse 2019 à l’UHA

Quel est le thème de votre thèse ?
Mon travail de thèse porte sur l’enseignement de la langue du voisin dans la région du Rhin supérieur. J’ai mené une recherche-action avec quatre enseignantes de français et allemand langue étrangère en poste en Alsace et dans le Bade-Wurtemberg afin de développer une approche didactique se voulant « transfrontalière » pour l’enseignement-apprentissage du français et de l’allemand comme « langue du voisin ». L’objectif de cette approche développée dans mon travail est de contextualiser régionalement l’enseignement-apprentissage de la langue du voisin, afin de partir du quotidien des apprenants, mais aussi de leur faire découvrir l’espace dans lequel ils vivent et qu’ils partagent avec leur voisin. Cette approche didactique vise à les rendre « grenzkompetent », c’est-à-dire qu’ils puissent, à travers le cours de langue, être en mesure d’agir et interagir avec le voisin dans le contexte particulier du Rhin supérieur. En nous basant sur les représentations des apprenants et enseignantes retenus pour l’étude, nous avons pu montrer la cohérence qu’apportait la mise en place d’une telle approche, puisque celle-ci permet de contribuer à la cohésion interrégionale du Rhin supérieur.
Quels sont vos projets pour cette année universitaire 2019-2020 ?
J’ai le projet de publier ma thèse de doctorat et de poursuivre les recherches sur l’enseignement de la langue du voisin en contexte frontalier en m’intéressant à d’autres aspects que ceux travaillés dans ma thèse. Pour le moment rien de bien ficelé, je suis en pleine réflexion…
Que ressentez-vous suite à l'obtention de la distinction du prix de thèse 2019 ?
Je suis bien évidemment très heureuse, mais surtout très honorée de recevoir un tel prix. Cela représente pour moi une forme de reconnaissance de tout le travail investi ces dernières années dans mon projet de recherche. Ayant mené une recherche que l’on peut qualifier d’engagée, je considère ce prix comme un encouragement à continuer la recherche comme je l’ai toujours envisagée dans mon domaine : une manière de faire avancer les choses avec et pour les autres.
Avez-vous été surprise de l'obtention de cette distinction ?
Oui, j’ai effectivement été très surprise car je pensais que l’on devait poser sa candidature pour obtenir le prix de thèse donc je ne comprenais pas bien pourquoi c’était à moi que celui-ci était attribué étant donné que je n’avais pas postulé. Pour être honnête, je ne pense pas que l’on puisse vraiment s’attendre à recevoir une telle distinction…
Un petit mot aux futurs doctorants pour les motiver et suivre votre exemple ?
J’ai fait mon chemin sans me préoccuper des autres, en évitant de rentrer dans le jeu de la concurrence qui est selon moi omniprésente dans le domaine de la recherche. Mon conseil serait donc celui-là : faites votre recherche avec passion, parce que vous êtes convaincus de ce que vous pouvez apporter à la science et tout devrait bien se passer.

Résumé de la thèse

En raison de l’existence d’une coopération transfrontalière institutionnalisée, la région transfrontalière du Rhin supérieur semble proposer les conditions idéales pour un enseignement/apprentissage optimal de la langue du voisin.

Pourtant, l’apprentissage systématique de la langue parlée de l’autre côté du Rhin ne semble pas tenir compte des spécificités régionales de ce contexte géographique particulier (Faucompré et Putsche, 2015), ni de l’influence non négligeable de la proximité avec la langue-culture voisine sur les représentations des élèves et de leurs enseignants (Putsche, 2011 ; Raasch, 2002). Notre travail de thèse propose donc de répondre à cette problématique grâce à la mise en place d’une recherche-action à la fois collaborative et participative (Gonzalez-Laporte, 2014 ; Macaire, 2007) avec quatre enseignantes de la langue du voisin exerçant dans des établissements scolaires d’enseignement secondaire à Strasbourg et Fribourg-en-Brisgau. Ce travail de recherche propose de développer dans un premier moment, puis d’expérimenter dans un second, une approche didactique se voulant transfrontalière (Raasch, 2005 et 2008), en tenant compte des représentations des apprenants et de leurs enseignantes ainsi que des particularités de l’espace du Rhin supérieur.

Nos résultats, principalement qualitatifs, ont su mettre en avant la nécessité d’avoir systématiquement recours à une approche didactique transfrontalière dans l’enseignement de la langue du voisin dans ce contexte, afin de le rendre cohérent par rapport aux besoins des apprenants en leur permettant d’acquérir ce que nous appelons dans notre travail « une compétence de communication transfrontalière ».

La mise en place d’une recherche-action aura permis aux actrices du projet de prendre position par rapport à leur rôle en tant qu’enseignantes de la langue du voisin en contexte frontalier, donnant ainsi à notre conception de l’approche didactique transfrontalière une dimension pérenne en lui attribuant un caractère de laboratoire transfrontalier permanent, en adéquation avec la dynamique de la région du Rhin supérieur.