Théâtre “Dans la solitude des champs de coton”

Représentation théâtrale “Dans la solitude des champs de coton”, de Bernard-Marie KOLTES

Le 26 avril 2018 à 18h30, campus Fonderie de l’Université de Haute-Alsace à Mulhouse

Entrée libre.

De Bernard-Marie KOLTES, avec Christophe Greilsammer, Benjamin Le Merdy.
Musique : Denis Schoebel, Matthieu Gettlife (Singe Chromés).

Une production de la Cie L’ astrolabe avec le soutien du Service Universitaire de l’Action Culturelle de l’Université de Haute-Alsace, de la Ville de Mulhouse et l’aide de La Filature, Scène nationale de Mulhouse.

La Solitude dans les champs de coton : deux personnages esclaves de leur dénomination, celui qui vend, celui qui achète. Deux hommes dont l’identité – même plus un nom – est soumise à une fonction : il achète ; il vend. De ce dernier, il faut plutôt dire qu’il « deale », et c’est cela qui va mettre un grain de sable dans les rouages : le deal échappe aux règles ; la vente, de réglée, redevient sauvage.

Dans la joute des deux noctambules, composée comme un ballet, de subtils dérèglements se produisent. Deux hommes quittent la ville pour un territoire sans frontière, sans règle et sans lumière. Que devient le rapport qui détermine si intimement ce qu’ils sont, ou qui leur intime d’être comme on dit qu’ils sont : un vendeur et un client ? Revenus à la sauvagerie, « au milieu d’animaux dont on n’aperçoit même pas la queue », qu’accepteront-ils d’être l’un pour l’autre, avec leur peur et leur désir ? Cette question traverse la pièce comme la mèche allumée d’une fusée.

Une nuit passée à s’interroger. Et à défaut de trouver la réponse, on l’encerclera comme des chasseurs une proie. Elle peut paraître inutile cette discussion sans fin jusqu’au bout de la nuit. Et pourtant, cette quête inutile au verbe éblouissant nous hypnotise et nous captive. Si c’est encore le cas, trente ans après la parution du texte, alors que le monde de Koltès et notre monde ne sont plus tout à fait les mêmes, c’est que le texte parle de notre désir, celui que cerne, parlant d’autres noctambules, ceux de Nuit Debout, le sociologue et philosophe Frédéric Lordon : notre « désir enrôlé » par l’entreprise néolibérale et l’horizon borné du consommer plus.

Le texte de la pièce est édité aux Éditions de Minuit.

Lieu : Campus Fonderie de l’UHA,
16 rue de la Fonderie à Mulhouse